C’est une histoire profondément humaine que raconte Sorosoro sur ce second EP : celle de la solitude, de l’hypersensibilité, de l’inadaptabilité et de cette mélancolie qui brouille peu à peu l’esprit. Longtemps, ce grand timide s’est d’ailleurs contenté de jouer de la musique à l’abri des regards, sans jamais en parler à sa famille ni à son frère, à qui il empruntait la guitare en cachette. « J’avais trop peur de voir ma relation à la musique changer, que ce ne soit plus uniquement passionnel, qu’elle dépende de l’avis des autres ». À 18 ans, c’est le déclic : alors qu’il sillonne les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, un couple de retraités le convainc de se lancer. Après tout, il a l’âge de ceux qui doivent croire en leurs rêves plutôt que de passer leur vie à les regretter. Le message est parfaitement reçu : désormais, Sorosoro joue dans la rue, entreprend différents voyages, s’ouvre aux autres, s’installe à Paris et donne son tout premier concert à la Cigale, en première partie de Tawsen.
Si les mots sont lourds de sens, car héritiers d’une enfance bercée aux grands classiques de Barbara, Aznavour ou Renaud, les mélodies, elles, puisent plus volontiers du côté de la folk nord-américaine (José González, Bon Iver, Cat Stevens), tout en s’autorisant des rythmes chaloupés, suffisamment dansants pour éviter de s’abandonner aux pensées moroses. « Une chanson est tout simplement plus belle quand une mélodie lumineuse est contrebalancée par un texte sombre. Ou l’inverse. J’aime ce contraste, qui symbolise également ma faculté à passer du sourire aux larmes dans la même seconde ».
C’est précisément cette capacité à charrier des sentiments contraires, à passer en une note de la joie à la tristesse, qui fait tout le charme de cet EP rempli de mélodies efficaces. Un EP qui parle d’amour, de désillusions, de souvenirs et de petites victoires quotidiennes dans une langue accessible, à la fois moderne et immédiate. Celle qui transforme des chansons personnelles en de potentiels tubes universels.
Accompagné par le dispositif des Chantiers des Francofolies en 2026, Sorosoro poursuit aujourd’hui son chemin sur scène, avec notamment un passage à La Boule Noire le 8 décembre prochain.