Barry Au Bus Palladium Cover

Billets de concert

À propos
C’est une autrice qui chante, c’est une interprète qui écrit. C’est un album kaléidoscope à différent versants, à différents visages. Faces. C’est aussi un concept inédit : inviter des compositeurs-trices de cinéma à signer chacun-e un titre. Comme pour échafauder une vaste bande originale imaginaire. Pour eux, cette fois, le point de départ n’est plus l’image… mais les mots et la voix de Barry. « L’idée est venue naturellement, résume-t-elle. Je rêvais secrètement de mélanges entre musique et bruits de fiction, entre cordes classiques et électronique. Marc Collin, réalisateur du projet, m’a suggéré de solliciter des artistes composant pour le cinéma, de les faire réagir à mes textes. »  C’est un album qui avance sur un fil de funambule, comme une quête modianesque entre passé et présent, entre réalité et lignes de fuite oniriques, avec le timbre et phrasé de Barry, sa voix mi-chantée, mi-parlée, parfois même chuchotée, comme une confidence. Il y est question du passage du temps, des amours évanouies, des fuseaux horaires, de l’avenir de nos souvenirs.  C’est une famille qui se forme autour de Barry, avec des compositeurs de générations, de cultures, de langages différents. Entre le Franco-Libanais Gabriel Yared et l’Italien Nicola Tescari, s’invitent deux compositrices à la pointe du présent, Audrey Ismaël et Anne-Sophie Versnaeyen, suivies par Martin Rappeneau, Olivier Marguerit, Emmanuel d’Orlando, Eric Neveux, Yan Wagner. Dix écritures et de savants arrangements de cordes qui font remonter l’harmonie derrière la voix de Barry. Chaque titre s’écoute comme une pièce de théâtre miniature, de Paris café (façon berceuse dissonante) aux respirations de Silence, de la balade désenchantée Entre les lignes au calme en trompe l’œil de Tempête, sans oublier Après qui, en plus de cinq minutes, atomise les formats conventionnels de la pop.   C’est enfin un album à la première personne, une invitation au voyage, intérieur et géographique. Barry a-t-elle vraiment poussé jusqu’aux gratte-ciels de Manhattan et aux maisons jaunes de Nyboder ? La réponse réside éventuellement dans l’aphorisme qui clôt Le Roi de cœur : « Les plus beaux voyages se font par la fenêtre. »  Stéphane Lerouge